La logique de publication : tout dépend du montant
Un acheteur public n'est pas libre de publier où il veut. En dessous de 40 000 € HT, il peut passer commande sans publicité : ces marchés se gagnent par la prospection directe et le bouche-à-oreille. Entre 40 000 € et 90 000 €, la publicité est « adaptée » : profil acheteur, presse locale, au choix. Au-delà de 90 000 €, l'avis paraît au BOAMP ou dans un journal d'annonces légales. Et au-dessus des seuils européens (révisés tous les deux ans, de l'ordre de 221 000 € pour les services des collectivités et 5,5 M€ pour les travaux), la publication au Journal officiel de l'Union européenne devient obligatoire.

Le BOAMP : le point de passage central
Le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (boamp.fr) centralise les avis de l'État, des collectivités et des hôpitaux. La recherche se filtre par département, par mots-clés et par type de prestation, et vous pouvez créer des alertes par courriel. C'est gratuit, officiel et remis à jour en continu. Si vous ne deviez consulter qu'une source, ce serait celle-là.
C'est d'ailleurs sur les données ouvertes du BOAMP que s'appuient notre carte de France des marchés en cours et nos pages territoires : les avis de votre département y sont déjà filtrés, sans créer de compte.
TED : l'échelon européen
Les gros marchés paraissent sur TED (ted.europa.eu), la plateforme du Journal officiel de l'UE. Intéressant à double titre : pour les marchés français importants, et pour repérer des accords-cadres nationaux découpés en lots géographiques où une PME a toute sa place comme titulaire d'un lot.
Les profils acheteurs : là où tout se joue vraiment
L'avis de publicité n'est que la vitrine. Le dossier de consultation complet (DCE), les questions-réponses et le dépôt passent par le profil acheteur, la plateforme de dématérialisation de la collectivité : PLACE pour l'État, puis des plateformes régionales et privées (Maximilien en Île-de-France, AWS, marches-securises.fr, e-marchespublics et d'autres). Deux conseils tirés de l'expérience :
- créez vos comptes sur les plateformes de vos acheteurs locaux avant d'en avoir besoin : le faire à J-1 du dépôt est le grand classique du rejet évitable ;
- répondez toujours en étant identifié, jamais en téléchargement anonyme : c'est ainsi que vous recevez les modifications du DCE et les réponses aux questions.
Les sources que tout le monde oublie
Les journaux d'annonces légales locaux publient les marchés adaptés des petites communes. Les sites des mairies, intercommunalités et bailleurs sociaux de votre zone annoncent parfois leurs consultations avant même la publicité officielle. Enfin, rien ne remplace le contact direct : les acheteurs ont le droit de consulter des entreprises qu'ils connaissent pour les petits montants. Se faire connaître, déposer une plaquette, répondre à un premier devis : c'est aussi de la veille.
Organiser sa veille en 20 minutes par semaine
La routine que nous recommandons à nos clients : une alerte BOAMP par métier et par département, un passage hebdomadaire sur le profil acheteur de vos trois donneurs d'ordres principaux, et un œil sur nos pages territoires pour la vue d'ensemble. Chaque avis repéré passe ensuite un filtre simple : montant à ma portée, délai de réponse réaliste, chantier dans ma zone. Le reste va à la corbeille sans état d'âme. Mieux vaut trois réponses soignées par trimestre que dix dossiers bâclés.
Un marché repéré et l'envie de vous lancer ? Le simulateur évalue vos chances en deux minutes, et notre guide comment répondre à un appel d'offres déroule ensuite toute la méthode, étape par étape.